Face au changement climatique Mélanie Laurent filme l’optimisme

Venue présenter son documentaire sur l’écologie intitulé Demain, co-réalisé avec Cyril Dion, Mélanie Laurent a porté à l’ONU un message différent face au changement climatique, un message d’espoir. 

«Les gens nous disent souvent que ça leur fait du bien de voir un documentaire sur l’écologie qui ne les culpabilise pas, qui ne leur fait pas la morale, nous confie Mélanie Laurent, et même si, dès le départ, notre intention n’était pas de faire la morale aux gens, ce message optimiste s’est construit naturellement.»

Décoré du César du meilleur documentaire en février dernier, vu sur grand écran par près d’un million de Français et très largement partagé au delà des frontières de l’hexagone, Demain connaît un accueil très inhabituel pour un documentaire sur l’écologie. Ce succès, Mélanie Laurent et Cyril Dion le doivent à une approche différente qu’ils ont d’aborder le changement climatique : contrairement aux publications scientifiques qui nous rappellent chaque jour un peu plus que l’humanité court à sa perte – ce qui n’en est pas moins vrai et nécessaire mais peut parfois générer une angoisse paralysante – les deux réalisateurs redonnent espoir aux gens en leur apportant des solutions concrètes. Caméra sur l’épaule, Mélanie Laurent et Cyril Dion sont partis à la rencontre des pionniers de l’agriculture biologique, des énergies renouvelables ou encore du recyclage généralisé dans un road trip à travers une dizaine de pays, des Etats-Unis à l’Inde en passant par l’île de La Réunion.

Après la tournée des burgers, le végétarisme

Au cours de ce voyage, Mélanie Laurent a compris que pour convaincre les gens le rapport de force n’était pas la stratégie à adopter : «Il est important pour moi de cesser de m’énerver contre les gens qui se foutent de tout cela. J’ai appris que le message passait mieux quand on était très calme et que l’on mettait même parfois un peu d’humour, partage la réalisatrice. Rester positif change beaucoup de choses dans notre quotidien car on est entouré de sceptiques, alors soit ça nous rend très malheureux parce que c’est décourageant, soit on change de point de vue et on se dit que ça prendra du temps.»

L’actrice et réalisatrice l’affirme, « ce tournage a changé ma vie », et cette transformation se traduit aussi par des petits gestes du quotidien : «On est devenu végétariens, déclarent les deux réalisateurs, après avoir fait la route des burgers aux Etats-Unis… ! précise Cyril Dion (Rires). Manger végétarien est l’une des solutions que l’on peut apporter et qui a le plus d’impact en terme de déforestation, d’émissions de gaz à effet de serre, de dépenses d’eau… Selon une étude de l’université d’Oxford, ajoute-t-il, si tous les habitants de la planète devenaient végétariens on pourrait sauver 7 millions de personnes.» Outre le fait d’éliminer viande et poisson de son alimentation, le documentaire suggère un certain nombre d’actions pour lutter contre le réchauffement climatique qui sont à la portée de tous: choisir un fournisseur d’électricité renouvelable, acheter dans des commerces locaux et indépendants ou encore réutiliser, réparer et partager ses biens matériels.

L’expérience Greenpeace

Scolarisée dans un collège auto-géré, Mélanie Laurent a été sensibilisée aux questions écologiques dès son adolescence:  «C’était une école où il n’y avait pas de notes, on tutoyait les profs et on partait en voyage, se remémore-t-elle. On y apprenait à se respecter, à se sentir libre et créatif. Plus tard, je suis partie en voyage avec Greenpeace où j’ai vu le pire comme la déforestation et la surpêche, c’est une façon d’aborder l’écologie dans ce qu’il y a de pire et c’est assez démoralisant. Mais par la suite, c’est en accumulant les savoirs à droite et à gauche que revient l’envie de faire quelque chose de positif », ajoute la réalisatrice.

La bouffée d’optimisme et d’énergie véhiculée par le documentaire s’est transformée en souffle mondial: depuis la sortie du film, des projets et actions écologiques se sont mis en place, des chaumières françaises jusqu’à l’ONU où des ambassadeurs pour le climat se servent du film pour appuyer leurs initiatives. Prochaine étape: en discuter avec Leonardo DiCaprio! Mélanie Laurent nous rassure, si l’acteur n’a pas pu assister à la projection du film à New York, «son équipe est déjà au courant de notre existence!»

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